Il fallait bien (enfin) quelques renseignements pour cerner le personnage qui, jusqu'ici, se cachait derrière un pseudonyme: Birlou.
Prénom
:
David
Résidence
:
Marseille
Age
:
25 ans
Etudes
:
Licence de géographie
Emploi
:
Professeur des écoles
Loisirs
:
web, écriture, football, dvd
Passion
:
mon métier
CV express
Mon métier, ma passion... malgré tout!
Je suis un jeune enseignant qui adore son boulot par dessus tout. Je suis professeur des ecoles depuis 3 ans maintenant et je réalise chaque jour la chance que j'ai de faire un métier si passionnant.
Certes, le chemin n'est pas toujours facile. En effet, le chemin n'est pas sans embûches depuis mon entrée dans la grande maison. mais pas pour les raisons que l'on croit. Pas de problèmes avec les élèves. Pas de problèmes non plus avec les parents. Pas de problèmes jusqu'ici avec les collègues. Juste quelques ennuis pour faire son boulot dans de bonnes conditions et dans l'interêt des gosses. ET oui! A ceux qui pensent que les fonctionnaires sont des feignants, à ceux qui estiment que les enseignants ne sont pas à la hauteur et à ceux qui essaient de faire croire que tout est fait pour l'education je voudrai simplement expliquer mes premieres années d'enseignement.
Tout commence par une vocation: enseigner dans les quartiers qui m'ont vu naître, ceux du Nord de Marseille, les "ZEP", les quartiers sensibles... là où personne veut aller en général. Je suis donc sorti de l'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) en 2004 et on m'a nommé dans une grande école située dans une cité hypersensible. En arrivant dans cette école j'ai hérité d'un CP que personne n'a voulu et tout s'est annoncé difficile. Au final, mes élèves ont appris à lire dans de bonnes conditions, les relations avec les parents sont restées au beau fixe et l'équipe ancienne m'a rapidement fait une place de choix. Naturellement, à la fin de l'année scolaire, j'ai souhaité y rester avec l'assentiment de l'inspecteur de l'époque qui a d'ailleurs salué mon travail. Que nenni! J'ai été evincé pour de sombres règles dans le mouvement des enseignants et l'année suivante, les trois CP de cette école ont été donnés à trois nouveaux arrivants. On passe sur l'interêt des enfants, sur l'importance du CP, sur la stabilité des équipes éducatives dans ces écoles sensibles... L'ordinateur a parlé! Pour être six mois plus jeune que les nouveaux arrivants j'ai dû partir.
En septembre 2005, j'ai donc été nommé dans un Institut de réeducation pour adolescents qui présentent des troubles du comportement. Pour faire simple, il s'agit d'un internat où l'on oriente tous les gosses qu'on ne tient plus au collège. Certainement l'établissement où sont concentrés les élèves les plus violents. Ils ont un casier judiciaire parfois, sont en famille d'accueil souvent et rejettent en bloc toute forme d'autorité, toujours. Là encore, mon vécu dans les quartiers joue et l'année se passe à merveille. Je fais des horaires atypiques dans l'education nationale du fait du fonctionnement en internat. Je fais donc des soirées, des levés, des mercredis et beaucoup plus d'heures que dans mon petit CP auparavant. Pire, je ne fais même pas mon métier puisque je n'enseigne pas, mon rôle se limite à l'éduactif. Tanpis! J'y suis bien! S'occuper d'adolescent se révèle interessant, partager avec eux des moment privilègiés est enrichaissant au point que je songe y rester. Deux conditions à cela: tout d'abord prendre une classe pour faire le metier pour lequel on me paye et que j'aime tant, ce qui ne pose pas de problemes puisque ceux qui les ont quittent le centre. Ensuite, et c'est là que le bas blesse, je demande à faire des heures supplémentaires (ouhhh le feignant!!) pour garder le contact avec l'internat et ses moments privilègiés où enfants et adultes partagent des repas, des soirées, des sorties etc... Avec ces ados là, partager ces moments est une condition indispensable pour mieux se connaître et gagner leur confiance dans un premier temps et les faire progresser dans un second. A ce jour, on me répond que c'est impossible car un enseignant n'a pas le droit de dépasser un certain plafond d'heures supp'. Ce quand bien même ces heures supplémentaires ne coutent rien à l'Education Nationale puisque le centre est un établissement autonome et ces heures supplémentaires sont prévues dans le budget et votées par le Conseil d'Administration. Il est vrai que ma demande est gonflée: faire 6 heures de plus que mes collègues dans un centre où personne ne veut aller et dans l'interêt des gosses!! Au jour d'aujourd'hui, je ne sais pas si l'institution me laissera rester sous ces conditions ou si elle preferera nommer deux nouveaux enseignants, un qui sera frustré de ne pas faire son métier à l'internat et un qui se prendra des chaises dans la tête dans sa classe.
En septembre 2006, l'Administration ayant préféré rester dans ses contradictions, j'ai choisi, et obtenu, d'être affecté à titre définitif dans mon école des quartiers Nord, celle-là même dans laquelle j'ai débuté. Je récupère mon CP dont personne ne veut encore et toujours. L'histoire se répète et une nouvelle aventure commence.